C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’Éléphant présentera, le 13 juillet à 18h à la Cinémathèque québécoise, la version restaurée du film Red (1970) de Gilles Carle. La projection s’inscrit dans le cadre du cycle Action! de la Cinémathèque, qui a lieu du 1er juillet au 31 août et se consacre au cinéma d’action de tous les genres.
Red est une œuvre ambitieuse dont le scénario a été coécrit par Ennio Flaiano, qui a entre autres collaboré aux scénarios de La strada et La dolce vita de Fellini. On est plongé dans l’histoire d’un Métis montréalais, né d’une mère algonquine et d’un père canadien-français, qui est injustement accusé du meurtre de sa demi-sœur. Il doit s’enfuir et est pris en chasse par la police, instrument de la justice blanche, et par ses demi-frères qui veulent venger leur sœur.
À sa sortie au printemps 1970, plusieurs ont salué la structure inventive du récit et le rythme du film. Ainsi, dans le Dimanche matin du 29 mars 1970, Christiane Berthiaume écrit :
«Il faut remarquer dans Red la précision du texte et de l’image. Ce que Carle explique dans une situation, il le fait d’une façon concise, clairement, sans s’allonger inutilement. Ce qui, en fait, donne au film un rythme qui convient bien à son caractère: l'action. II donne au spectateur le mot précis, l’image juste qui peut lui permettre d’aller plus loin. Par conséquent, le film prend alors une étendue encore plus importante.»
Le film met en vedette Daniel Pilon et Geneviève Deloir, Paul Gauthier, Gratien Gélinas, Fernande Giroux et Claude Michaud.

Lors d’un entretien avec Geneviève Deloir dans le magazine Perspectives paru le 17 janvier 1970, Pol Chantraine résumait ainsi l’expérience de l’actrice :
«Le tournage de Red demeurera sans doute un souvenir inoubliable dans la mémoire de Geneviève Deloir, ainsi d’ailleurs que dans la mémoire de tous ceux qui y ont participé. Il suffit de les entendre parler pour se rendre compte que Red a quelque chose de spécial: une saveur de grand film. Peut-être le premier film québécois qui forcera les portes du marché international!
On y trouve en effet de l’action, pas mal de violence, de la truculence, de l'érotisme (autant d’éléments qui contribuent au succès commercial d'une œuvre cinématographique), on y retrouve la beauté sauvage de notre nature et le charme fragile de nos villes, et, finalement, on s'y retrouve soi-même — ou l'on s’y découvre! — , aux prises avec un dilemme universel: celui du métis, Red, que rejettent et la communauté blanche et la communauté indienne.»
Doté d’un petit budget de 500 000$, Gilles Carle a fait un miracle avec ce film, faisant travailler une soixantaine d'acteurs, tournant dans plus de 100 lieux de tournage différents, montrant des courses en voiture, le dynamitage d’une digue de castors, des fusillades.
La projection du 13 juillet est une belle occasion de voir sur grand écran ce film d’action issu d’un de nos plus grands cinéastes.