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Projection de la version restaurée d'Elvis Gratton II - Miracle à Memphis le 26 mai à la Cinémathèque québécoise

Publié le 11 mai 2026

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Elvis Gratton II
La projection de la version restaurée d'Elvis Gratton II - Miracle à Memphis aura lieu le 26 mai à 18h à la Cinémathèque québécoise

C’est avec grand enthousiasme qu’Éléphant présentera, le 26 mai à la Cinémathèque québécoise, la version restaurée d’Elvis Gratton II – Miracle à Memphis, le deuxième volet des mésaventures d’Elvis Gratton, interprété par l’inoubliable Julien Poulin. La projection aura lieu à 18h en présence de Manon Leriche, la veuve du réalisateur Pierre Falardeau, et du monteur Claude Palardy. Les deux répondront aux questions du public après la projection.

Sans contredit, Elvis Gratton est un des personnages les plus marquants de notre cinéma. Il est né au début des années 80 dans 3 courts métrages tournés par Falardeau et Poulin, qui ont été réunis en 1985 pour former le long métrage Elvis Gratton le King des Kings. Au cours des années qui ont suivi, le film  n’a cessé de gagner en popularité et est devenu une véritable œuvre culte. La collectivité s’est prise d’affection et de sympathie pour un homme que ses créateurs avaient mis au monde dans l’intention d’en faire un outil de dénonciation.

L’idée d’une suite a longtemps flotté dans l’air, mais elle a été repoussée autant par Falardeau que par Poulin, jusqu’à ce que la conjoncture soit bonne. Dans La Presse du 3 juillet 1999, Luc Perreault rapportait : 

«Depuis longtemps, le distributeur Christian Larouche le harcelait pour qu'il donne une suite à son film-culte, gros vendeur en vidéo. Ça s'est finalement réglé par un troc. Au moment d’Octobre, le cinéaste a conclu ce marché avec Larouche: ‘‘Laisse-moi faire Octobre, garantissait-il, et je te ferai Elvis Gratton II.’’ La promesse était restée en l'air. Falardeau se faisait toujours tirer l'oreille. Pendant un temps, c'est son complice du début, Julien Poulin, qui ne voulait plus reprendre la défroque d'Elvis. Quand Poulin a finalement dit oui, Falardeau n'en avait plus le goût. Il redoutait d'avoir à reprendre sa vieille bataille contre les institutions pour le financement du film. Quand son projet, Les Patriotes de 1837-38, fut définitivement écarté par Téléfilm, c'est avec la rage au cœur que le cinéaste a relevé son vieux défi. ‘‘Il n'y aurait pas eu d'Elvis II, clame-t-il, sans la censure des Patriotes.’’»

Ainsi, le 1er juillet 1999, le jour de la fête du Canada, Elvis Gratton II est sorti sur pas moins de 91 écrans et a récolté plus de 600 000 entrées (3,3 M$ au box-office), faisant du film un véritable succès populaire, et ce malgré des critiques généralement négatives. On a reproché au film toutes sortes de choses : de manquer d’intensité, d’être inachevé, de sentir le refroidi, de cumuler les gags lourds qui manquent de finesse. La critique virulente de la société de consommation que Falardeau souhaitait mettre de l’avant semblait rater sa cible… Mais bien sûr, on riait aussi encore de voir Bob exécuter les pires pitreries.

Dans la revue 24 images de l’automne 1999 (numéro98-99), Yves Rousseau souligne avec justesse quelques aspects positifs du Miracle à Memphis.

«Il y a des moments de cinéma, de la magie parfois, dans la fiction documentée de Falardeau. Qu'on pense à des décrochages complètement jubilatoires, par exemple, lors de la séquence de démolition de la limousine, véritable petit happening cinématographique, où l'on peut voir en arrière-plan les mécaniciens du garage ahuris et hilares, à tous les gags qui mettent en scène une technologie hostile, à Julien Poulin, le comédien, qui n'en revient pas de voir sa tête durassienne lors d'un essayage pour le look de Gratton, à des numéros en plans-séquences, où la gaucherie de l'acteur et la tendresse du cinéaste évoquent Tati.»

Chose certaine, le retour d’Elvis au grand écran a permis au public de retrouver son héros québécois colonisé par excellence, pour le meilleur et pour le pire. Falardeau a d’ailleurs toujours très bien assumé le contenu de ce deuxième effort. «Vous en voulez du n’importe quoi? On va vous en vendre du n’importe quoi!», a-t-il même écrit dans le dossier de presse de l’époque (rapporté par Juliette Ruer dans le Voir du 7 juillet 1999).

Vingt-sept ans après sa sortie, Miracle à Memphis sait encore nous amuser grâce aux bons flashs de Falardeau et au talent de Julien Poulin pour interpréter ce personnage caricatural démesuré. Il nous plonge aussi dans un monde pas si lointain où la virulence de certains propos n’était pas sujette à la même modération  qu’aujourd’hui. Soyez-en donc avertis!

Après sa projection, le film sera offert sur notre site web, sur les plateformes de Vidéotron et sur l’app Apple TV le… 1er juillet!

Synopsis

Trois jours après sa mort, Bob «Elvis» Gratton revient à la vie de façon inespérée et  devient un phénomène médiatique mondial. Avec l’aide d’un producteur américain et accompagné de son beau-frère Méo, il est propulsé au rang de star du rock internationale et se livre aux plus grands excès de la société de consommation. Falardeau livre ici une charge sociale d’une grande intensité où la bêtise du Québécois colonisé atteint des sommets!