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Projection de la version restaurée du Sphinx le 22 septembre à la Cinémathèque québécoise

Publié le 08 septembre 2026

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Le sphinx
Éléphant présentera la version restaurée du film Le sphinx (Louis Saia, 1995) le 22 septembre à la Cinémathèque québécoise en hommage à Marc Messier. Sur la photo : Céline Bonnier (Angie) et Marc Messier (Réal)

Le 7 juillet dernier, le Québec apprenait avec tristesse et consternation le décès de Marc Messier, un des comédiens les plus appréciés de sa génération. En son hommage, Éléphant présentera la version restaurée de la comédie dramatique Le sphinx (1995), le premier long métrage de Louis Saia, qui nous a quittés lui aussi plus tôt cette année. La projection aura lieu le mardi 22 septembre à 18h à la Cinémathèque québécoise.

Avant de réaliser Le sphinx, Louis Saia s’était principalement consacré à la mise en scène et à l’écriture sous différentes formes. Il avait, entre autres, coécrit les pièces Broue et Les voisins, participé à la création de la série La petite vie  et mis en scène des spectacles de Rock et Belles oreilles. Pour ce premier long métrage, il a demandé à Marc Messier, qu’il connaissait très bien, d’élaborer le scénario avec lui. Même s’il avait souvent travaillé avec les auteurs des pièces qu’il jouait, c’était une nouvelle expérience pour le comédien. Dans La Presse du 16 septembre 1995, Marc-André Lussier rapportait ses impressions :   

« Louis est arrivé un soir chez moi et m'a raconté cette histoire que j'ai aimée tout de suite pour la trajectoire et l'évolution de ce personnage qui subit une réelle transformation. Aussi, je trouvais formidable que ce personnage se dirige vers un humour dont il se sert comme d'une arme. »

« Au fil des versions, poursuit-il, je me suis de plus en plus impliqué. Le jeu demeure mon premier plaisir, mais l'écriture m'intéresse dans la mesure où elle me permet de mieux creuser les personnages et de les intérioriser. J'ai aimé cette expérience de m'impliquer pour la première fois dans l'ensemble d'une histoire et non pas seulement dans celle de mon personnage. Cela dit, je n'irais pas jusqu'à écrire un scénario qu'un autre jouerait. Et comme c'était Louis, que je le connais bien, je pouvais me fondre facilement dans son univers. Nos visions se rejoignent.»

L’excellente performance de Marc Messier dans ce rôle de père de famille banlieusard à la vie rangée qui quitte sa famille après être tombé sous le charme d’une chanteuse de cabaret érotique  a été soulignée par plusieurs critiques de l’époque. François Houde, dans Le nouvelliste du 30 septembre 1995, est particulièrement éloquent.

«Le mot d’ordre autant dans la création du scénario que dans son approche d’acteur, c’est le réalisme. Extrêmement important, le réalisme. C’est ce qui donne sa force au film, il m'a semblé. Parce que le personnage qu'on nous décrit, il habite dans notre quartier, à côté de chez nous. C’est ainsi, en s’identifiant intimement à Réal, le principal protagoniste de l’histoire, qu'on entre à pieds joints dans cette aventure, et ce, sans la moindre réticence. Avec grand plaisir, au bout du compte. Le phénomène tient aussi au jeu très maîtrisé de Marc Messier. Un jeu tout en nuance, en retenue. Un jeu très mature. Messier ne m’a jamais semblé aussi bon. En Angie, Céline Bonnier ne fait rien pour briser le charme, bien au contraire. Non seulement elle a une présence remarquable, mais entre elle et Messier, la chimie opère.»

Serge Thériault dans une scène du Sphinx

Serge Thériault, Vottorio Rossi, Micheline Bernard et Sylvie Drapeau livrent également des interprétations très convaincantes dans Le sphinx, qui a bénéficié d’un budget de 2,3 M$ et a connu un succès relatif à sa sortie, avec près de 50 000 entrées. La projection du 22 septembre est une belle occasion d’apprécier sur grand écran l’étendue du talent de Marc Messier à une époque où il était au somment de sa carrière.