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Projection de la version restaurée du film Les yeux rouges le 8 juin à la Cinémathèque québécoise 

Publié le 28 mai 2026

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Les yeux rouges
Raymond Bouchard (Édouard Lambert) et (Pierre Curzi (Bertrand Houle)

On trouve dans le répertoire de films restaurés par Éléphant une grande diversité d’œuvres qui reflètent toute la richesse du cinéma québécois. Bien qu’ils soient moins nombreux, des suspenses et des films de genre ont été produits à toutes les époques de notre cinéma. Notre prochaine projection donnera ainsi la chance au public de voir sur grand écran Les yeux rouges, un thriller unique en son genre d’Yves Simoneau entièrement tourné à Québec au début des années 80. La projection aura lieu le 8 juin à 18h à la Cinémathèque québécoise en présence du réalisateur et se veut aussi un hommage à Raymond Bouchard, qui tient dans le film un rôle de journaliste.

Raymond Bouchard dans une scène des Yeux rouges

Cinéaste ayant travaillé à Hollywood et connu une carrière internationale, Yves Simoneau a réalisé son premier long métrage de fiction, Les yeux rouges, en 1982. Avant ce film, il avait déjà écrit quelques scénarios et réalisé plusieurs courts métrages. Il est un des réalisateurs qui a le plus contribué à faire rayonner le cinéma de genre au Québec dans les années 80. 

Au moment de la sortie du film, il confiait ceci à Serge Dussault dans La Presse du 20 novembre 1982 : 

«Je considère ce tournage comme un banc d'essai, une répétition pour le grand film que je vais faire un jour. C'est en faisant des films — et ce n'est pas facile au Québec! — qu'on apprend. Je suis allé à l'American Film Institute, à UCLA, mais la meilleure université, c’est le plateau de tournage. En faisant Les yeux rouges, j’ai essayé d'appliquer un tas de théories que j’avais sur le cinéma. Et le film m'a permis de vérifier le niveau de mes connaissances. Je n'ai pas encore atteint ce que je cherche...»

Pierre Curzi dans Les yeux rouges
Pierre Curzi dans une scène extérieure des Yeux rouges

Un des points forts du film est assurément l’exploitation judicieuse du décor naturel de la ville de Québec, qui contribue grandement à insuffler une part de mystère à l’intrigue. Louis-Guy Lemieux le souligne dans Le Soleil du 5 octobre 1982 et salue aussi les qualités du film: 

«Les yeux rouges est un drame policier qui fait revivre l’automne chaud de l'année 1979 à Québec. On se souviendra qu’à cette époque les habitants du quartier Saint-Jean-Baptiste avaient vécu une sorte de psychose collective à la suite d'une série sans précédent d'incendies criminels, de cas de voyeurisme, d’attaques contre des femmes seules, le tout atteignant son paroxysme avec le meurtre sordide d’une jeune comédienne de théâtre. Le réalisateur s’est toujours défendu d’avoir voulu “récupérer” ces événements “sensationnels”, mais disons qu’ils ont servi de point de départ au scénario. 

«À son premier long métrage. Yves Simoneau montre déjà un beau talent de cinéaste, un talent prometteur. Il a su d’ailleurs s’entourer d’une équipe de comédiens de grande valeur, en particulier Marie Tifo. Jean-Marie Lemieux et Pierre Curzi. Le suspense est mené habilement du début à la fin. La plupart des scènes d’extérieur ont été tournées la nuit, dans le Vieux-Québec, et cela donne un assez formidable climat d'angoisse. Le cinéaste a su exploiter les décors naturels de la vieille ville, ses petites rues mal éclairées, ses brumes automnales et sa faune hétéroclite.»

Francine Laurendeau abonde dans le même sens dans Le Devoir du 20 novembre 1982 :

«Yves Simoneau a refusé l'habituelle vision touristique (Château Frontenac, Terrasse Dufferin,calèches et parlement) pour filmer un Québec de petites rues sombres et d’arrière-cours, un Québec automnal, nocturne et frileux, cadre parfaitement adapté à l’atmosphère qui enveloppe son histoire. Il convient de souligner ici que Les yeux rouges est un authentique film régional, dans le meilleur du terme, la preuve qu’on peut faire chez nous du bon cinéma ailleurs qu’à Montréal.»

Les yeux rouges est disponible sur notre site web, sur les plateformes de Vidéotron et sur l’app Apple TV.