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Projection du film Le dernier havre le 16 février à la Cinémathèque québécoise

Publié le 05 février 2026

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Le dernier havre
Mettant en vedette l'excellent Paul Hébert, la version restaurée du film Le dernier havre sera présentée à la Cinémathèque québécoise le 16 février.

C’est avec plaisir qu’Éléphant présentera à la Cinémathèque québécoise la version restaurée du Dernier havre (1986), un film de Denyse Benoît adapté du roman d’Yves Thériault. La projection, qui vise entre autres à souligner les 40 ans du film, aura lieu le lundi 16 février à 18h.

Le dernier havre décrit les derniers jours d’un pêcheur qui s’ennuie à mourir auprès des siens et tient à garder sa dignité. Le film a été tourné en Gaspésie dans la baie des Chaleurs et comporte des images magnifiques filmées par Robert Vanherweghem. Il est empreint d’une douce atmosphère contemplative propice à la réflexion qui laisse toute la place au personnage d’Aldéi et au jeu subtil de son interprète, l’excellent Paul Hébert.

Sorti très discrètement en salle en 1986 avec une assistance totale de moins de 5000 personnes, Le dernier havre a pourtant reçu un accueil critique favorable et a reçu le Prix du public aux Sept jours du cinéma de Gatineau où il avait été présenté en première mondiale.

Dans Le Droit du 9 octobre 1986, Paule La Roche interroge la réalisatrice à propos de sa démarche : «Dans mes films, je cherche surtout à raconter des histoires. À cause de ma formation théâtrale, je cherche une mise en situation dramatique, j'essaie de heurter mon personnage à quelque chose. D'où la difficulté de scénariser Le dernier havre, qui est un roman très philosophique. Je voulais en faire un film, mais comment le mettre en image?»

La réponse est venue, petit à petit, au gré de l’amitié qui s’est tissée entre Denyse Benoît et Yves Thériault qu’elle a connu peu après avoir lu son roman. «J’avais soif de connaître l’homme... Il est très proche de son personnage. Le dernier havre c’était un roman prémonitoire: la quête d’absolu d’Aldéi, c’est la sienne. Aldéi, c’est lui. Nous avons travaillé ensemble sur d’autres projets. Pendant six ans. Nous sommes devenus amis. Il connaissait mon imaginaire. Il m’a fait confiance et m’a laissé développer son roman, en faire ma transposition... J’ai beaucoup insisté sur la gestuelle, le tactile, la découverte de la matière, alors qu’Aldéi rafistole la vieille épave. J’ai exploité aussi sa relation à la mer...»

Deux jours plus tard, dans le même journal, la journaliste fait l’éloge du jeu de Paul Hébert et du film en général. «Paul Hébert a su insuffler à chacun de ses gestes — de sa démarche à la moindre inspiration — à chacun de ses regards — mélancoliques, coquins ou déterminés — l'âme d’Aldéi. Quel être attachant! Quelle belle complicité s'établit entre lui et le public qui respire à son rythme! (…) Denyse Benoit signe un film paisible et apaisant, un film où la lumière pleut dans des ciels immenses qui relativisent la place de l’homme dans la nature, des ciels picturaux qui invitent au voyage.

Tourné avec peu de moyens, le film a pu bénéficier de la collaboration de la population locale où s’est déroulé le tournage. Dans une entrevue accordée à Éléphant il y a une quinzaine d’années, Denyse Benoît n’avait que de bons mots au sujet du tournage du film.

«On a fait un film d’amour. Je crois que Paul Hébert doit le penser aussi parce qu’il a eu tellement d’affection de tout le monde. Il était tellement là! C’est un homme qui se donne entièrement, alors les gens se sont donnés à lui. C’était beau, c’était une très belle histoire.» 

Cette projection du Dernier havre donne l’occasion au public de venir découvrir une œuvre peu connue de notre patrimoine qui nous transporte loin de la réalité urbaine et nous fait rêver à la mer.

Synopsis : 

Un retraité amoureux de la mer qui fut pêcheur toute sa vie s'ennuie à mourir chez son fils et sa belle-fille. Ayant découvert, au cours de ses longues promenades, une barque abandonnée, il entreprend en cachette de la remettre à flot pour entreprendre un dernier voyage. Adaptation à la fois réaliste et poétique du roman d’Yves Thériault.