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Projection du film La gammick le 10 août à la Cinémathèque québécoise

Publié le 27 juillet 2026

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La gammick
La gammick sera présenté le lundi 10 août à 18h à la Cinémathèque québécoise.

Jusqu’au 31 août, la Cinémathèque québécoise propose un grand cycle estival consacré aux différentes déclinaisons du cinéma d’action, et notre prochaine projection s’inscrit parfaitement dans ce cycle. Le lundi 10 août à 18h, Éléphant présentera La gammick (1974), un thriller policier de Jacques Godbout qui nous plonge dans le milieu de la pègre montréalaise. 

Inspiré d'un fait divers remontant aux années cinquante, La gammick raconte l'histoire de François (Chico) Tremblay, Québécois moyen, qui se trouve confronté, après quelques années de bons et loyaux services au sein de la pègre montréalaise, avec la toute-puissante mafia américaine.

Récemment présenté au Festival Fantasia, La gammick est une de ces œuvres qui réussit encore à nous fasciner plus de 50 ans après sa sortie. Au milieu des années 70, les films québécois qui s’étaient intéressés au gangstérisme étaient encore peu nombreux. Le scénariste Pierre Turgeon, en collaboration avec Jacques Godbout et Jean-Marie Poupart, a écrit des dialogues crédibles et naturels qui prennent parfois l’allure de confessions et nous transmettent beaucoup d’information sur la nature de Chico, ses origines, ses aspirations, ses frustrations en tant que mafioso. 

Dans Le Devoir du 1 mars 1975, André Leroux parle d’un brillant film québécois et ne tarit pas d’éloges:

«D’une maîtrise remarquable, Godbout raconte avec une simplicité exemplaire, qui ne se dément à aucun moment, l’aventure de François Tremblay dit Chico (Marc Legault) un Québécois de classe moyenne qui décide, pour sortir de l’anonymat dans lequel le maintient la pègre montréalaise, de se rendre aux États-Unis pour abattre Frank Anastasia, l’un des chefs de la mafia nord-américaine.

«Avec une rigueur implacable, le scénario de Turgeon projette, comme dans les meilleurs films policiers, les événements les uns contre les autres et la mise en scène s'articule selon une logique inébranlable, dictée par les nécessités du récit. Avec ses couleurs neutres et froides, sa photographie sèche et quasi géométrique, et son montage crispé, La gammick a trouvé le ton juste et adéquat pour nous parler d'un monde régi par des rapports de force qui ne favorisent que les plus puissants étalés plus favorisés. L’originalité profonde de la démarche de Godbout et de Turgeon tient à ce qu’ils ont su retrouver et protéger les structures inhérentes au film policier tout en leur insufflant les dimensions et des réalités essentiellement québécoises.»

Dorothée Berryman et Marc Legault

Le jeu des acteurs, particulièrement Marc Legault et Dorothée Berryman, a été salué par la plupart des critiques, dont Pierre Demers, dans le Cinéma Québec paru au mois d’avril 1975 : 

«(…) une autre approche saute aux yeux: la mise en scène théâtrale. Pour décrire au premier degré (par opposition à la description au second degré faite par Denys Arcand dans ses films de fiction de ce milieu social), Godbout a misé sur des comédiens “naturels”, encore très peu connus du public québécois, et extrêmement à l’aise dans des rôles “naïfs”: Marc Legault et Dorothée Berryman. Il ne faut pas oublier que ces deux interprètes ont fait leurs classes dans les premières pièces satiriques et “naïves” de Jean Barbeau. Dans des rôles de Québécois ordinaires, ils donnent la mesure de leur talent.

«La gammick doit beaucoup à ce choix judicieux de comédiens “naïfs”. C’est dans les séquences “de ménage” de Chico et de sa petite amie que nous sont le plus clairement révélés les complexes de ce tueur montréalais.»

La gammick est une production de l’Office national du film du Canada. En plus de Marc Legault et Dorothée Berryman, on peut y apprécier des performances de Gilbert Chénier, Julien Poulin, Denis Drouin, André Guy, Pierre Gobeil et Serge Thériault. Soulignons aussi la musique de François Dompierre.