Projections

Projection de L’affaire Coffin à la Cinémathèque québécoise le 18 novembre pour souligner les 18 ans d’Éléphant

Publié le 28 octobre 2026

Partager
Laffaire Coffin 1920

Le 18 novembre prochain, soit le jour de son 18e anniversaire, Éléphant présentera pour la première fois sur grand écran la version nouvellement restaurée de L’affaire Coffin (1980), un film de Jean-Claude Labrecque qui s’intéresse à un des procès les plus médiatisés et controversés des années Duplessis. La projection aura lieu à 18h à la Cinémathèque québécoise en présence d’Anne Lauber, la compositrice de la musique du film et de Jérôme Labrecque, fils de Jean-Claude.

Les grandes lignes de l’affaire Coffin peuvent se résumer ainsi : en 1953, Wilbert Coffin, un Gaspésien anglophone, prospecteur, protestant et à tendance alcoolique, fut accusé du meurtre de trois chasseurs américains. Sous des preuves uniquement circonstancielles, il fut condamné et pendu le 10 février 1956.  

Le procès de Coffin a été une affaire judiciaire de très grande importance au Québec dans les années 50. Un peu à la façon d’un mythe, il est devenu un sujet de discussion dans la plupart des familles. Comme tant d’autres de sa génération, Jean-Claude Labrecque, qui s’est beaucoup intéressé au duplessisme dans son cinéma, a été marqué par cette histoire. En réalisant L’affaire Coffin, il souhaitait rétablir certains faits en s’appuyant fortement sur les archives de l’époque. 

Un travail de recherche assez considérable a été entrepris par le scénariste Jacques Benoit, qui a travaillé pendant 4 ans sur le scénario. Jacques Hébert, auteur de deux livres sur le sujet, a également participé au film en tant que consultant. 

Dans Le Devoir du 13 septembre 1980, Nathalie Petrowski rapportait les propos du cinéaste : «Comme Hébert a bien connu l’histoire et les faits, il nous a mis sur des pistes, nous a dit où étaient les dossiers et tout le matériel de base, ce qui nous a permis de puiser à même l’enquête du coroner, le procès et, bien sûr, l’enquête Brassard. Il y avait tellement de versions contradictoires que ça créait une espèce de casse-tête déplacé. Nous avons avant tout essayé d’y voir clair sans partir dans de grandes interprétations.» 

Dans le même journal, Richard Gay, qui assurait la critique du film, souligne la précision du travail de recherche effectué : 

«Les différentes circonstances de cette célèbre affaire judiciaire sont donc mises en images dans une perspective de remise en question, d’interrogation, d’accusation. En effet, le film démontre avec une précision parfois provocante, une précision d’autopsie, comment Wilbert Coffin a été accusé et jugé par une justice fortement influencée par l’appareil politique du temps.

«Derrière le comportement des policiers, des avocats, des juges et des ministres, on sent une présence qu’on ne verra jamais, mais qui n’en est pas moins réelle, celle bien sûr de Maurice Duplessis, un homme qui à la fois reflétait et dirigeait son époque. Il est difficile de prévoir dans quelle mesure le film relancera le débat sur la culpabilité ou l’innocence de Coffin, mais cette réalisation peut très certainement nous mettre en garde contre l’ingérence politique dans l’administration de la justice. C’est d’ailleurs là une des belles réussites du film.»

August Schellenberg et Gabriel Arfcand dans une scène du film. Crédit : Warren Lipton / Collection Cinémathèque québécoise

Une autre réussite de L’affaire Coffin est assurément sa distribution, à commencer par August Schellenberg, qui livre dans son interprétation de l’accusé une performance crédible tout en retenue. Le film met aussi en vedette Micheline Lanctôt, Yvon Dufour, Aubert Palascio, Roger Lebel, Paul Hébert, Roger Lebel, Jean-Marie Lemieux et Gabriel Arcand.

Il y avait longtemps qu’Éléphant souhaitait numériser, restaurer et rendre disponible L’affaire Coffin, une œuvre d’un cinéaste renommé quasi introuvable malgré l’importance du sujet qu’il traite. La recherche des ayants droit n’est pas toujours chose facile pour des titres qui remontent à plus de 40 ans. Grâce à l’aide du fils de Jean-Claude Labrecque, Jérôme, le directeur d’Éléphant, Raphaël Rainville, a pu récemment entrer en contact avec le détenteur des droits et signer une entente avec lui.   

Jérôme Labrecque s’est aussi rendu au studio pendant le travail de restauration. Il a pu du même coup aider l’équipe à confirmer que la musique de clôture du film sur fond noir était partie intégrante de l’œuvre. La compositrice Anne Lauber a ainsi attesté qu’il s’agissait d’une demande du réalisateur, qui s’inscrit dans la tradition américaine du «exit music».

Après sa projection, L’affaire Coffin sera disponible sur notre site web, sur les plateformes de Vidéotron et sur l’app Apple TV au cours des prochains mois.