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Projection de la version restaurée du film Le gros Bill le 19 janvier à la Cinémathèque québécoise

Publié le 13 janvier 2026

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Legrosd Bill 1920

Comme première projection de l’année, Éléphant est heureux de présenter la version restaurée du Gros Bill (René Delacroix et Jean-Yves Bigras, 1949), poursuivant ainsi la tradition de commencer l’année avec une œuvre de fiction qui date d’avant la révolution tranquille. La projection aura lieu le lundi 19 janvier à 18h à la Cinémathèque québécoise.

Rendu disponible en 2016, Le gros Bill  est un des films qui a demandé le plus de travail à notre équipe de restauration. Claude Fournier, qui dirigeait Éléphant avec Marie-José Raymond à l’époque, avait décrit dans son blogue à quelques reprises l’état pitoyable des éléments originaux et le défi que représentait la restauration du film.

«Une chose est certaine, c’est que bien peu d’éléments de films des années quarante ont été retrouvés en bon état. (…) Le négatif 35mm de ce film réalisé conjointement par René Delacroix et Jean-Yves Bigras est disparu dans la nuit des temps. (…) Nous n’avons retrouvé qu’un rejeton, un internégatif 16mm malingre, desséché, égratigné. (…) Il a fallu travailler à partir d’un assemblage des meilleurs éléments retrouvés dans de vieilles copies de projection 16mm ayant tournées dans tous les sous-sols des églises du Québec. (…)  Il a fallu presque quatre ans avant de débarrasser Le gros Bill de ses bandelettes, de recoller ses chairs, panser ses blessures et lui redonner la voix.»

Français d’origine, le réalisateur du Gros Bill  René Delacroix a commencé à travailler au Québec dans les années 40. Avec quelques autres cinéastes, il a contribué à donner le ton aux productions canadiennes-françaises de l’époque, souvent moralisatrices et empreintes de leçons de catholicisme et de bienséance.  

Le gros Bill est son premier long métrage tourné au Canada. Soixante-dix-sept ans après sa sortie en salle, le film est d’autant plus précieux et fascinant qu’il témoigne des préoccupations morales et sociales de l’époque. 

Dans Le Petit Journal du 8 mai 1949, François LaRoche, attaché aux studios Renaissance Films, exprime ses espoirs face à ce tournage :

«René Delacroix est décidément un réalisateur heureux. "Venu au Canada, dit-il, pour réaliser un film, je me rends compte que Le gros Bill est non seulement un film, mais une production de grande classe en voie d'acquérir ses titres de noblesse. On y trouve la saine poésie des mœurs campagnardes; les beautés quasi féeriques des paysages du Québec; du caractère et de l’intrigue. Ce sera un film international.”»

Ce passage tiré du même article témoigne de façon éloquente de la manière dont on faisait la promotion d’un film à l’époque :  

«La bataille dans le camp de bûcherons, entre le Gros Bill (Yves Henry) et Alphonse (Maurice Gauvin), est d'un si parfait réalisme que tous les sportifs et les forts à bras voudront la voir. Il a fallu deux jours pour réaliser cette seule scène, afin qu'elle soit parfaite. Il n’y a rien de technique dans cette bataille. C’est une vraie bataille de “canayens” de chantiers. Les artistes y sont allés avec une telle conscience professionnelle et une telle fougue que le sang a coulé...» 

C’est Jean-Yves Bigras qui a tourné les séquences de bagarre, mais aussi de drave du film. Ces séquences de drave constituent d’ailleurs un rare témoignage visuel des années 40 de cette activité ayant été d’une grande importance au Québec. 

Cette projection constitue pour les cinéphiles et amateurs d'histoire une belle et rare occasion de voir sur grand écran ce film de terroir. 

SYNOPSIS

Bill Fortin, un Américain du Texas, revient vivre au Québec lorsqu’il hérite de la ferme de son oncle dans une petite communauté paroissiale. D’abord apprécié de tous, il connaît quelques problèmes liés à une rivalité amoureuse qui connaîtra un heureux dénouement. Le film contient de rares scènes de drave de grande qualité et offre un portrait idéal du milieu rural traditionnel.